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L’ancien porte-avion devient porte-amiante

samedi 17 décembre 2005

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Des militants de Greenpeace ont entamé lundi 12 une occupation du porte-avion Clémenceau qui a duré 25 heures, en protestation contre les conditions de son démantèlement.

Les activistes ont occupé le bateau et une grue située à proximité, et y ont déployé des banderoles "Porte-amiante, ni ici, ni ailleurs".

L’État français affirme avoir retiré du bateau 90 % des 220 tonnes d’amiante qu’il contenait (c’est-à-dire qu’il ne resterait à bord que l’amiante inaccessible, qui ne peut être retirée sans démonter entièrement le bateau) et que le Clémenceau n’est plus qu’une épave banale, vendue à un chantier naval indien (ni l’Espagne, ni la Gréce, ni l’Algérie ni la Chine n’en ont voulu !) qui en recyclera l’acier.

L’organisation écologiste avance ses propres chiffres, selon lesquels il n’a été enlevé du vaisseau que 30 % des 600 tonnes d’amiante qui s’y trouvaient à l’origine. Son départ pour l’Inde violerait donc la convention de Bâle, qui stipule qu’il est interdit d’exporter des déchets toxiques vers des pays hors-OCDE.
Greenpeace réclame une enquête indépendante sur la quantité d’amiante présente sur le Clémenceau et la décontamination totale du bateau avant son départ en Inde pour son démantèlement.

La polémique s’étend aux opérations de démantelement : l’État a promis d’imposer au chantier naval indien le respect des normes européennes (en Inde ! Admirons ensemble l’admirable logique en oeuvre).
Greenpeace dit avoir des raisons de douter de cette promesse. Elle a co-réalisé avec la Fédération Internationale des Droits de l’Homme un rapport dans lequel elle dénonce les conditions de travail dans la démolition navale (manque d’éducation et qualification pour travailler en toute sécurité sur ces bateaux, des équipements nécessaires pour travailler dans un environnement aussi dangereux et nocif, résultant en morts par milliers...)

Elle réclame plus généralement que le gouvernement engage une stratégie nationale respectueuse du droit international, des droits de l’homme et de l’environnement pour le démantèlement de ses navires militaires et marchands.

Sans réponse de l’Etat français à leur demande d’une enquête indépendante après 25 heures d’occupation, les militants de Greenpeace ont libéré le Clémenceau et Greenpeace a engagé des recours juridiques aux fins d’établir les responsabilités dans cette affaire .

> Voir l’article de Libération

> Des infos sur Greenpeace.org



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