vendredi 8 septembre 2006
Tout le sud et l’est d’Abidjan en Côte d’Ivoire subit une grave pollution chimique depuis le 20 août dernier.
Les autorités ont mis 2 semaines avant d’admettre qu’un navire battant pavillon panaméen avait déversé par camions, en toute quiétude, dans la nuit du 19 au 20 août, des centaines de litres d’un produit hautement toxique en trois points de la capitale : la décharge publique d’Akouédo, la zone industrielle de Vridi et le plateau Dokoui.
Dès le 20 août, l’odeur a inquiété les habitants, le district a alors annoncé dans un communiqué qu’une opération de démoustication aérienne avait eu lieu.
Après 2 semaines de désinformation et face à un afflux massif dans les hopitaux de personnes souffrant de difficultés respiratoires, les autorités ont admis la gravité de la situation.
C’est une catastrophe humanitaire pour la région concernée, mais aussi une catastrophe écologique. De nombreux sites sont pollués, des oiseaux sont retrouvés morts et des chiens qui boivent l’eau du lac aussi.
Suite à ce scandale, les autorités ivoiriennes étaient injoignables mardi. Le produit toxique a été identifié (de l’hydrogène sulfuré) et le navire panaméen aussi malgré son départ du port d’Abidjan.
Pour le moment, les personnes malades, après avoir été soignés dans les hopitaux, retournent malheureusement dans leurs habitations situées sur des sites pollués, et reviennent donc quelques jours plus tard à l’hopital. Aucune décision, ni aucune solution n’est encore en place dans la région.
Au temps pour nous, les boues pétrolières qui ont déjà empoisonné plus de 6000 habitants d’Abidjan contiennent bien plutôt de l’hyrogène sulfuré.
Du côté des responsabilités, par ailleurs, le gouvernement ivoirien n’est sans doute pas le seul à mettre en cause... il semble bien qu’avant de tout faire pour étouffer l’affaire, il a autorisé le déchargement de produits que la Côte d’Ivoire n’a pas les moyens de traiter... d’un bateau battant pavillon panaméen, venant d’Espagne, servi par un équipage russe, un armateur grec, un donneur d’ordre hollandais... il ne reste plus qu’a savoir de quelle compagnie pétrolière provient ces résidus : est-elle Américaine, Britannique, Hollandaise, Espagnole... Française ?
Or, l’Union Européenne a ratifié la fameuse convention de Bâle (on a beaucoup parlé au moment de l’affaire du Clémenceau) qui stipule qu’il est interdit d’exporter des déchets toxiques vers des pays hors-OCDE. Mais hélas pour les victimes, les pays riches ne semblent pas vouloir stopper les exportations illégales des cochonneries que notre industrie produit à la tonne et dont nous ne savons que faire. Et comme Greenpeace ne peut être partout à la fois, cette fois le bateau est tranquillement arrivé à bon port, et a déchargé sa cargaison de mort. En toute impunité.