mercredi 11 janvier 2006
Après les Suisses, les Allemands ont décidé de limiter le transit des camions de plus de 12 tonnes sur leur territoire. Il y a un an, une taxation au kilomètre a été instaurée. Cette opération a induit le report d’une partie du trafic vers l’Alsace. C’est pourquoi une douzaine de députés alsaciens de tous bords a fait voter à l’Assemblé Nationale une taxe applicable à cette région. Celle-ci vaut entre 0,001 et 0,015 euro par tonne et par kilomètre pour les véhicules de plus de 12 tonnes qui préfèrent la route alors qu’ils pourraient emprunter l’autoroute. L’objectif est à la fois de financer l’entretien des routes concernées et de limiter le nombre de camions.
Les élus écologistes, craignant le report du trafic en Lorraine (l’A31 est déjà saturée), demandent l’extension de cette taxe dans cette région. De leur côté, les transporteurs français manifestent contre cette taxe. Leur argument est que le consommateur n’est pas prêt à financer ce surcoût.
Cette mesure risque de rester sans effet, car elle est complexe à mettre en oeuvre, mais elle a l’avantage de démontrer que la résolution de ces problèmes n’est pas simple, et exige un accord de tous les acteurs :
En attendant, nous pouvons encore remercier nos voisins suisses qui en faisant avancer les choses chez eux, obligent nos "responsables" à réagir. Si cela pouvait se passer ainsi pour les O.G.M....
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Pour, évidemment, et pour de très nombreuses raisons. J’habite un village sur l’autoroute de Bayonne, 50 km au sud de Bordeaux. Pendant 13 ans, deux fois par jour, j’ai traversé la Gironde du sud au nord et retour. J’ai vu la fréquentation des 35 tonnes augmenter de jour en jour, sans qu’aucun élu ne réagisse. J’ai assisté à de nombreux accidents causés par ces camions. Tous les jours la côte de Cenon est descendue par des semi-remorques à plus de 100 km/h (la vitesse est limitée à 70). Jamais il n’y a de contrôles ! J’ai relevé plus de 25 nationalités européennes et russes. Le pont de Cubzac et la rocade bordelaise ont été doublés à grands frais uniquement pour les camions européens (les jours fériés espagnols la fermeture de la frontière espagnole aux poids lourds supprime toute circulation. Ces jours là, la troisième voie de la rocade bordelaise ne sert à rien). La pollution autour de Bordeaux crée un nuage gris qui s’épaissit chaque année. Ces milliers de camions laissent fuir sur la chaussée des tonnes de résidus d’huile, de liquides divers, de caoutchouc, de graisses, de parties de chargement, qui polluent nos terres et nos nappes phréatiques. De plus les chauffeurs espagnols, portugais et italiens ne respectent rien, ni les autres usagers, ni l’environnement. De très nombreuses fois j’ai pu voir des chauffeurs balancer leurs ordures par les fenêtres. Régulièrement la DDE ramasse ces déchets le long de l’autoroute. Un camion tous les 100m , parfois roulant en chenille de 10 à 15 camions espacés de 5 à 10 m seulement : voilà ce que l’on peut subir tous les jours sur l’A 63. Les aires de repos au sud de Bordeaux sont saturées tous les jours, les camions stationnant la nuit jusque sur les bandes d’arrêt d’urgence (danger non signalé). N’étant pas obligés de prendre l’autoroute au nord de Bordeaux, des centaines de camions européens roulent sur la nationale 10, augmentant là aussi les accidents, la pollution, la dégradation.
Qui paye tout ça ? Le contribuable français, et surtout le riverain, au niveau de ses impôts, de son environnement, de sa santé, devant subir, de surcroit, les embouteillages quotidiens. La seule solution est de taxer le transport afin de rendre prohibitif le prix de la tomate espagnole au goût ignoble et faire vivre le producteur marmandais (c’est un exemple), Honte à cette Europe imbécile qui laisse se croiser sur l’autoroute un camion de tomates hollandaises livrées en Espagne et un camion de tomates espagnoles partant pour la Hollande.