jeudi 17 novembre 2005
REACH signifie Registration, Evaluation and Autorisation of CHemicals (enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques). Il doit permettre l’identification et l’élimination progressive des produits chimiques les plus dangereux. S’il est approuvé, REACH sera appliqué dans tous les pays de l’Union Européenne.
Il a pour but le contrôle d’environ 30 000 substances chimiques fabriquées à plus de une tonne par an. Actuellement, ce n’est le cas que pour celles dont la production a débuté après 1981, c’est-à-dire 10 % seulement des substances commercialisées.
On ne connaît pas les effets sur la santé et l’environnement de ces substances. Elles sont soupçonnées d’être responsables de l’augmentation des allergies, de certains cancers ou de l’infertilité, mais sont pourtant présentes dans les produits de consommation courante : textiles, peintures, solvants, cosmétiques...
REACH va être débattu à partir d’aujourd’hui au Parlement européen, hélas dans une version déjà largement expurgée sous la pression du lobby des industriels de la chimie. Pour sauver le projet, le rapporteur italien Guido Sacconi a proposé un compromis, que la présidence britannique espère valider avant la fin décembre. Mais l’Allemagne (qui abrite l’industrie chimique la plus puissante d’Europe) a demandé un report de la décision, ce qui pourrait repousser son adoption de plusieurs mois.
> Voyez le dossier REACH pour les nuls, de Greenpeace
> Le projet présenté sur le portail de l’Union Européenne
Si vous voulez aider à sauver REACH, vous pouvez sur le site chemicalreaction.org écrire aux député/es européen/nes, puisque c’est vous qui les avez élu/es, et non pas les industriels de la chimie !
Le projet a été voté. Les associations ont salué un pas important, mais déplorent la simplification des tests à fournir sur la plupart des substances produites à moins de 100 tonnes. Le parlement a cependant confirmé l’obligation de remplacer les substances dangereuses par des alternatives plus sûres, quand celles-ci sont disponibles.
Après le vote en première lecture, le texte doit être approuvé par le Conseil des ministres européens avant une éventuelle seconde lecture au Parlement en cas de désaccord. Pour les ONG comme pour les industriels, la bataille de REACH continue.