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2005 : l’été meurtrier

Ziala, le lundi 17 octobre 2005
 

Mots-clés

Incendies là-bas, inondations ici, sécheresse et pics de pollutions, l’été 2005 a été agité.

Ce n’est pas la première année qu’on subit ces catastrophes, pourtant cette fois-ci elles se sont cumulées sur un été et leur intensité a été dévastatrice.

Le constat, quelques chiffres, les causes, les conséquences

Les incendies

Portugal :
- 286 000 hectares partis en fumée à ce jour (17/10/2005) depuis janvier 2005
- 15 victimes dont 10 pompiers
- de nombreux dégâts (600 maisons et fermes)

Espagne :
- 107 524 hectares brûlés depuis le début de l’année.
- 17 victimes dont 11 pompiers
- 2786 personnes évacuées d’urgence

France :
- 11 000 hectares de forêts brûlés depuis le début de l’année
- 5 combattants du feu y ont laissé la vie

La sécheresse et la canicule qui règnent sur le sud de l’Europe depuis le début de l’année ont favorisé les départs de feux.
L’absence de débroussaillage, et plus généralement l’abandon du monde rural, la négligence des usagers (mégôts mal éteints jetés par la fenêtre d’une voiture, abandon de bouteilles vides qui font "loupe" au soleil, etc...) et la malveillance provoquent ces incendies qui se propagent rapidement à cause du vent.

Les incendies ont détruit les récoltes. Des pays comme le Portugal auront des soucis d’approvisionnement cet hiver, autant pour les fruits et légumes que pour nourrir le bétail, les pâturages ayant aussi brûlé.

> Voir les chiffres des incendies pour le Portugal

La France connaitra aussi une baisse des récoltes (les pertes atteignent 39,3 millions d’euros), mais le bilan est encore provisoire en attendant l’ensilage des récoltes d’été. On peut donc prévoir une augmentation du prix de certains produits dès cet hiver.

Les inondations

en Europe :
- la France, l’Allemagne, la Belgique, la Suisse, l’Autriche, la Roumanie, la Hongrie et la Bulgarie ont été touchées
- 79 victimes
- plusieurs milliers de personnes privées d’eau et d’électricité

dans le Monde :
- l’Inde, la Louisiane, le sud de la Chine, l’Ethiopie, le Kenya, le Vénézuéla, le Sénégal et le Pakistan
- 1160 morts
- 182 000 personnes évacuées et sans abri

Les inondations sont provoquées par de violents orages qui surviennent sur des terres asséchées et durcies qui n’ont pas les capacités d’absorber autant d’eau d’un coup. Il en résulte un ruissellement important qui provoque des inondations et des glissements de terrains.

Les dégâts sont partout importants et seront très longs à réparer. Le coût de ces inondations est très élevé et il influencera fortement l’économie des régions touchées.
Les risques sanitaires sont nombreux, notamment dans les pays en développement, de nombreuses personnes sont encore à ce jour sans logement et sans ressources car une importante partie du bétail et des cultures a disparu sous les eaux.

Les cyclones

Katrina :
- zones touchées : la Louisiane, le Mississipi
- catégorie 3 sur l’échelle de Saffir-Simpson (catégorie 5 avant qu’il atteigne les côtes)
- l’ouragan était prévu, une partie de la population n’était plus sur place
- plus d’un millier de victimes mais le bilan final n’est pas établi
- plusieurs milliards de dollars de dégâts
- au moins 500 000 personnes évacuées

Emily :
- zones touchées : Haïti
- catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson
- ouragan qui se déplace depuis plusieurs mois
- 2 victimes
- nombreux dégâts
- plus d’un millier de personnes évacuées

Dennis :
- zones touchées : Haïti, Jamaïque
- catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson
- plusieurs dizaines de victimes
- nombreux dégâts

et aussi : Irene, José, Harvey, Lee et récemment Rita qui a fait beaucoup de dégâts.

Les cyclones, dont font partie les dépressions tropicales, les tempêtes tropicales et les ouragans (appelés typhons dans le Pacifique) selon la force des vents, sont déclenchés par de fortes chaleurs combinées aux eaux très chaudes des latitudes tropicales.
Actuellement la température de l’océan atlantique est supérieure de 1 à 2° par rapport à la normale, ce qui favorise la formation de cyclones. La saison 2005 a été chargée en phénomènes cycloniques puissants.

Les sécheresses

D’un côté des inondations et quelques centaines de kilomètres plus loin, la sécheresse et les restrictions d’eau. De plus, la sécheresse semble être un point commun à toutes les catastrophes citées ci-dessus : elle favorise les incendies, elle provoque les inondations en retenant l’eau en surface [1] et ses fortes températures favorise les cyclones sous certaines latitudes.

- Zones touchées : Etats-Unis, France, Roumanie, Italie, Portugal, Espagne, Albanie, Pakistan, Chine, Inde, Bangladesh
- 570 victimes
- des conséquences importantes sur l’économie des pays les plus touchés

Cette année, c’est pratiquement la France entière qui a été touchée par les restrictions d’eau. La France a connu cet été une des pires sécheresses depuis 40 ans. 21 départements ont été concernés par les restrictions d’eau, dont la moitié par des restrictions totales. La sécheresse dure depuis septembre 2004 !!

Les ressources en eau en France au 9 septembre 2005

La situation au Portugal est pire encore. Le pays connait actuellement la pire sécheresse depuis qu’existent les relevés ! Et le phénomène persiste depuis le début de l’automne !

La chaleur qui provoque ces sécheresses fait craindre des risques d’accidents nucléaires. En effet de nombreuses centrales sont refroidies par l’eau des rivières. Outre que l’assèchement des rivières est accéléré par ces méthodes, le manque d’eau fait craindre un arrêt des centrales donc une pénurie d’électricité, ou, si les centrales continuent de fonctionner malgré le manque d’eau, un risque d’accident nucléaire.

Les sécheresses, et les restrictions d’eau qui les accompagnent, entraînent aussi une baisse conséquente des rendements agricoles. La hausse des prix de certains produits risque bien d’être une réalité cet hiver ou l’année prochaine. Le Portugal, très touché par la sécheresse, cherche déjà des solutions pour cet hiver.
Après plusieurs étés très chauds et secs, les pertes agricoles conduisent certains producteurs à mettre la clé sous la porte, leur exploitation agricole n’étant plus rentable.

Les pics de pollution

Quittons un moment le champ des catastrophes naturelles pour nous intéresser aux pollutions, qui elles aussi peuvent être agravées par la montée des températures.

Paris, Lyon, le bassin méditerrannéen, pour ne citer que la France, mais la pollution est désormais présente toute l’année. Il n’existe pas de période pour reprendre son souffle. L’été c’est l’apothéose, on atteint de tels taux de pollution qu’il est conseillé de ne pas faire d’activité physique dans les villes, sans parler des réductions de vitesses sur les périphériques et dans les villes.

Les indices de pollution sont relevés quotidiennement et transmis aux médias. Difficile de donner des chiffres pour les différentes régions du monde car les relevés ne sont pas effectués selon les mêmes normes.

Ci-dessous les normes appliquées en France.

Indice ATMO de la qualité de l'air

L’été 2005, même s’il n’a pas atteint les niveaux records de l’été 2003, se démarque tout de même par un nombre important de jours de dépassement du seuil d’alerte, avec des périodes de plusieurs jours consécutifs d’alerte. Ce qui est rare.

A noter qu’un nouvel arrêté d’alerte est entré en vigueur au 1er août 2005.
Il modifie les seuls d’information et d’alerte. Le but est de réduire le nombre de jours où l’on atteint le seuil d’alerte pour éviter la mise en place de la procédure de circulation alternée (entre autres). Autant dire que les seuils d’alerte ont été relevés...
Le nouvel arrêté regroupe la région parisienne en une zone au lieu de trois auparavant. Sachant qu’il faut que le seuil soit dépassé sur au moins 3 stations simultanées pour déclencher les mesures d’alerte, on imagine aisément que le dispositif d’alerte se déclenchera moins souvent ainsi.

Pour en savoir plus, lire les explications sur le nouvel arrêté sur le site de la préfecture de police.

Paris n’est qu’un exemple. La vallée du Rhône est aussi très touchée par la pollution. Le sol dans cette région forme une cuvette et les gaz ont du mal à s’évacuer.

La pollution provoque des effets à court terme : difficultés respiratoires ou cardio-vasculaires, et des effets à long terme : affections ou pathologies survenant après une exposition prolongée (plusieurs mois ou années).
Des études européennes, asiatiques et américaines démontrent déjà que les effets à court terme provoque une augmentation de la mortalité.

En ville aujourd’hui nous sommes tous exposés plus ou moins longtemps et intensément aux pollutions atmosphériques. Et cette pollution augmente lors des périodes chaudes et sans vents.

Le point commun dans tout ça

Vous me direz si je me trompe, mais il me semble que ce soit la chaleur.
Sans la chaleur qui aggrave la sécheresse, les incendies, les restrictions d’eau et les pics de pollution, les différences de température qui créent des perturbations qui finissent elles-mêmes en tempêtes, sans cette canicule, ces catastrophes naturelles ne seraient peut-être pas aussi désastreuses.

Par conséquent, je crois que le réchauffement climatique est à l’origine des catastrophes naturelles qu’on a pu constater cette année.

Exemple : le lien entre l’ouragan en Louisiane et la sécheresse au Portugal : c’est le réchauffement climatique (mais pas seulement). L’ouragan est provoqué par une hausse de la température de l’océan atlantique et la différence avec l’air, ce qui forme des perturbations. La hausse de la température de l’océan est due au réchauffement climatique.
La sécheresse au Portugal est due aussi en partie au réchauffement climatique : ensoleillement exceptionnel, faibles précipitations.
L’augmentation des températures est donc la cause de ces 2 phénomènes extrèmes.

On sait désormais que la Terre se réchauffe, plus personne n’ose le contester maintenant (ce qui n’était pas le cas il y a encore 2 ans). C’est un phénomène naturel accéléré par l’activité humaine. Les conséquences prévues sont le dérèglement des climats et l’augmentation de la fréquence de phénomènes climatiques intenses : tempêtes, sécheresses, inondations, etc...

Maintenant que le changement climatique est reconnu, que les conséquences sont visibles, même à court terme. Qu’est-ce qu’on attend pour changer nos comportements ?

L’augmentation des catastrophes naturelles dans le monde depuis 1940

Attention ! Les chiffres de ces courbes doivent être relativisés ! De 1940 à 1960 environ, les données relevées sont peu nombreuses et irrégulières. Depuis 1960 par contre, des stations d’observation et de comptabilisation des phénomènes sont en place et les chiffres sont un peu plus fiables. Cela permet de constater une nette augmentation des catastrophes naturelles dans le monde.

A voir :
- Les catastrophes naturelles dans le monde
- les cyclones par Notre-planete.info
- Peut-on faire du sport en cas de pic de pollution ?
- Evaluation et évolution des polluants dans la mesure de la qualité de l’air
- Quelle qualité de l’air pour Paris en 2010 ?
- Bilan "ozone" de l’été 2005 sur la région parisienne

Sources :
- Les catastrophes naturelles en 2005
- Les inondations en 2005 en Europe
- La carte des restrictions d’eau en France
- Indice ATMO
- Air Parif
- Les méfaits sur la santé de la pollution atmosphérique
- Le nouvel arrêté sur la gestion de la qualité de l’air à Paris

[1] Comment la sécheresse provoque des inondations ? Les sols sont asséchés, la terre durçit et n’absorbe plus l’eau aussi facilement. Donc en cas d’orage, l’eau ruisselle au lieu d’être absorbée et crée des inondations.
Eh oui, il y a des orages pendant les sécheresses à cause de la chaleur. Les courants ascendants (air chaud) atteignent de hautes altitudes (là où il fait froid), les gouttelettes d’eau en condensation refroidissent et redeviennent liquides, d’où la pluie.
Les orages sont de fortes précipitations sur de courtes périodes, et malgré la pluie, la sécheresse persiste. En effet, les précipitations ne sont pas absorbées (sols secs et durs), par conséquent, les niveaux des cours d’eau et des nappes phréatiques n’augmentent pas. Donc la sécheresse continue.


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