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Changements climatiques, où en est-on ?

Ysengrin, le mercredi 23 février 2005
 

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Pour célébrer l’entrée en vigueur du protocole de Kyoto la semaine dernière, nous vous offrons un état des lieux des changements climatiques.

Effet de serre et réchauffement

L’effet de serre est un phénomène naturel de régulation des températures. Certains gaz (les Gaz à Effet de Serre, G.E.S.) retiennent le rayonnement infrarouge émis par notre planète et contribuent ainsi à la réchauffer. Sans cet effet, la température de la Terre serait de -18°C [1].

Les principaux G.E.S. naturels sont la vapeur d’eau, le dioxyde de carbone, l’ozone, le méthane et l’hémioxyde d’azote.

Le premier G.E.S. anthropique est le dioxyde de carbone (CO2). L’augmentation de la concentration en CO2 (+ 31% depuis 1750 _ un niveau probablement jamais atteint au cours des derniers 20 millions d’années) est essentiellement due à l’usage des énergies fossiles et au déboisement. Les autres G.E.S. anthropiques importants sont le méthane (CH4) (+ 151% depuis 1750), les CFC et leurs substituts (100% anthropiques, n’existait pas en 1750) et l’oxyde nitreux (N2O) (+ 17% depuis 1750).

La concentration de G.E.S. dans leur ensemble a augmenté de 50% au cours du XXe siècle. La concentration préindustrielle était d’environ 270 parties par millions (ppm). Aujourd’hui nous en sommes à environ 379 ppm.

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Fonctionnement simplifié de l’Effet de Serre

Voici à titre d’exemple l’origine des G.E.S. émis en France :

Cela fait peu de temps que l’on lie l’élévation des concentrations en G.E.S. à celle des températures : mis à part un visionnaire génial, Svante Arrhenius, qui annonçait dès 1896 que brûler du charbon allait réchauffer la planète, ce n’est qu’à la fin des années 1950 que l’on pensa sérieusement à mesurer les concentrations en G.E.S. On ne peut d’ailleurs déterminer avec certitude la part des G.E.S. anthropiques dans le changement climatique constaté, mais il a été prouvé que l’essentiel du réchauffement observé ces 50 dernières années est imputable aux activités humaines.

Modification du climat : ce que l’on sait

L’essentiel de notre connaissance des changements climatiques est empirique, elle ne repose que sur des observations et mesures :

Nous avons très peu de recul sur le sujet, et cela nous oblige à rester prudents dans nos projections. Calculer l’évolution d’un système aussi complexe que celui d’une planète entière laisse de plus de nombreuses incertitudes. L’augmentation des températures devrait par exemple augmenter l’évaporation de l’eau et augmenter la nébulosité, laquelle refroidirait alors la planète en interceptant une part du rayonnement solaire. Inversement, la dégradation de la couverture végétale due aux sécheresses devrait accélérer l’élévation des températures.

Le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) [4] estime cependant que le réchauffement climatique pourrait se situer en moyenne entre +1,4° C et + 5° C , selon l’évolution des émissions des gaz à effet de serre. Cette moyenne signifie que certaines régions pourraient connaître un réchauffement de 7° C ou 8° C...

On peut risquer quelques pronostics d’évolution pour l’ensemble du globe :

Et pour tout arranger, une part de ces changements pourrait bien être irréversible...

Ces pronostics sont plus que probables, mais de nombreuses interprétations s’opposent. Voyez par exemple ce rapport du Pentagone (format PDF) qui prévoit des températures sibériennes pour l’Angleterre d’ici... 15 ans ! Tony Blair l’aurait-il lu, pour ne plus parler que de changement climatique ?

On estime que les premières conséquences [5] sur la vie humaine se produiront à partir de 2°C d’augmentation par rapport aux températures préindustrielles.

Les impacts du changement climatique sur les sociétés humaines porteraient essentiellement sur la productivité économique, les infrastructures, la santé et les migrations de populations.

Que faire ?

Il est encore possible de maintenir la hausse en deçà des fatidiques 2ºC d’augmentation (rappelons que nous avons déjà fait presque la moitié du chemin...). Le Symbole Climatique InternationalMais il ne nous reste guère plus que dix à vingt ans pour réagir, avant que l’évolution ne devienne irréversible.

Devant l’ampleur du problème, il est difficile d’imaginer que l’on puisse avoir à son petit niveau un réel impact sur l’évolution des températures. Fidèles à la ligne de Demain la Terre, nous nous permettons pourtant de répéter : « Nous avons tous une part de responsabilité, individuelle ou collective, et nous avons tous un mot à dire sur les solutions. ». En gros, chacun devrait être attentif à ses rejets de G.E.S., et tenter de les réduire. Dit comme ça, cela parait simple, non ? Sinon, on peut toujours se laisser pousser les nageoires, et apprendre à s’en servir...

Il existe pourtant des solutions à mettre en oeuvre :

Mais l’essentiel de l’effort doit évidemment porter sur le niveau global d’émission de G.E.S. C’est l’objectif du protocole de Kyoto.

Le protocole de Kyoto

Cet accord vise à ramener les émissions mondiales de G.E.S. au niveau de 1990 aux alentours de 2020 puis les réduire de 50% d’ici la moitié du siècle. Cela signifie que les pays en cours d’industrialisation rapide comme la Chine, l’Inde, le Mexique, le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Indonésie, la Malaisie et d’autres vont devoir commencer à réduire leurs émissions d’ici peu de temps. Mais cet accord prend en compte la nécessité des pays les plus pauvres de se développer, et pose des objectifs beaucoup plus contraignants aux pays riches... qui sont aussi les plus gros pollueurs, bien sûr.

Nous ne somme pas tirés d’affaire pour autant : ces objectifs du Protocole de Kyoto sont déjà considérés comme insuffisants pour stabiliser le réchauffement climatique, sans même parler de la non-ratification des deux plus gros pollueurs de la planète, Etats-Unis et Chine...


Les infos qui ont servis à cet essai de synthèse sont principalement tirées de :

[1] Chacun a déjà expérimenté cet effet : les nuits d’hiver sans nuages (la vapeur d’eau fait partie des G.E.S.) sont en général plus froides que les nuits avec nébulosité.

[2] Taux remarquablement bas pour un pays industrialisé : l’énergie produite en France est presque entièrement d’origine nucléaire ou hydro-électrique.

[3] Comparez les magnifiques (même une catastrophe peut être belle !) images de la NASA : maximum de glaciation de l’Arctique en 1979 et en 2003

[4] Ou IPCC, International Panel on Climate Change, voir leur site (en Anglais)

[5] Famine, paludisme, inondations, hausse du niveau des mers, disparition des états insulaires, extinction d’espèces végétales et animales


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