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L’eau est plus qu’un bien marchand

Onéma, le dimanche 5 juin 2005
 

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Je vous conseille vivement la lecture de 2 très bons articles qui dénoncent la privatisation de la potabilisation, de la distribution et de l’épuration de l’eau : Ne sèche pas tes larmes ... bois-les ! ! de l’Aiguillon, et Les services publics de l’eau Le modèle français, un modèle à ne pas suivre de Olivier Marcant pour Attac France (format .pdf).

Pour résumer grossièrement, ces 2 articles dénoncent les bénéfices scandaleux de quelques multinationales grâce aux contrats qu’elles passent avec nos municipalités ou syndicats intercommunaux. Ces sociétés nous facturent l’eau 15 à 20% plus cher que lorsque le même service est assuré en régie municipale.

J’ajoute que le pire c’est qu’on paye 2 fois ces sociétés puisque les investissements des communes en réseaux (distribution et collecte des eaux usagées) et en station d’épuration ainsi que leur fonctionnement sont subventionnés par les Agences de l’eau dont le budget provient à plus de 80% de notre facture d’eau !

Je voudrais dans ce billet faire un parallèle avec un autre article rédigé par le mouvement alter-mondialiste ATTAC : Baisser les impôts : utile, juste, efficace ?.

Cet article dénonce la baisse des revenus de l’Etat suite aux diminutions d’impôts prônées par le néolibéralisme sous prétexte de relancer la croissance donc la consommation donc l’emploi (quels emplois ? Quel pouvoir d’achat ?).

« L’idéologie néolibérale tente de promouvoir une fiscalité prétendue simple, neutre, efficace, et ne perturbant pas la concurrence. Elle devrait être réduite au seul financement des missions régaliennes (police, justice, défense). Elle n’aurait pas pour but de redistribuer, de corriger les inégalités, d’inciter ou de modifier certains comportements puisque ces objectifs seraient assurés par le jeu de la concurrence et du marché ». Tiens, comme la distribution de l’eau alors !

En résumé, pour les libéraux, tout ce qui peut rapporter de l’argent, DOIT être privatisé. La concurrence est censée assurer la compétitivité des coûts et/ou la qualité du service.

Que se passe-t-il quand des trusts se partagent un marché en évitant de se concurrencer ?

Et surtout, que rapporte une politique de préservation ou de restauration des capacités auto-épuratrices des milieux aquatiques en face des milliards que rapporte chaque année le marché de l’eau ?

Alors à votre avis quelle politique sera choisie par les libéraux ? Qui recommandait de voter pour une constitution ultra-libérale, ou les marchés (comme celui de l’eau) ne doivent pas être faussés par les Etats ?

Plusieurs études montrent le rôle des zones humides pour l’atténuation des crues et des sécheresses mais surtout vis à vis de l’épuration des eaux et comme habitat conservatoire d’une faune et d’une flore spécifiques. En restaurant des prairies inondées ou des ripisylves, on peut restaurer la capacité autoépuratrice des cours d’eau.

Pour ce qui concerne la concurrence, dans le domaine de l’eau, elle n’existe déjà presque plus : Lyonnaise (Ondéo), Vivendi Environnement et SAUR (Bouygues) se partagent géographiquement les marchés pour créer des économies d’échelle (facturation, recherche-développement, ...). Et ces firmes invoquent la distorsion de concurrence du fait de leur statut privé (impôt sur les bénéfices, taxe professionnelle non due par les régies municipales), pour répercuter à leur guise sur la facture d’eau ces charges.

Mais quel manque à gagner si les cours d’eau en autoépurant une partie de nos rejets (qu’on pourrait s’efforcer de rendre aussi moins polluant) permettaient d’économiser la construction et l’entretien de quelques stations d’épuration.

Merci aux peuples français et batave d’avoir rejeté cette politique libérale inscrite dans le projet de constitution européenne. Mais il faut maintenant s’assurer que le message a été entendu par nos élus

Du 2 mai au 2 novembre, le public est consulté sur les enjeux de la politique de l’eau. Ne serait-ce pas un enjeu fantastique si en même temps que de lutter contre les pollutions, les crues et les sécheresses, on améliorerait la biodiversité des cours d’eau. En plus, notre facture d’eau pourrait baisser, qui s’en plaindrait à part 3 multinationales ?

Que préférez vous : prévenir ou guérir ?


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