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Le réchauffement climatique et ses effets visibles sur l’environnement

Article participatif
Papy, le lundi 15 janvier 2007
 

Mots-clés

Quand la nature perd la tête !

L’automne 2006 a été l’un des plus chauds depuis de très nombreuses années. En Suède, on évoque même une période de trois cents ans.

Nous le savons, ce réchauffement est dû en grande partie aux activités humaines, mais concernant cette augmentation des températures, il semblerait que dame nature soit en train de mettre le turbo, même, plus inquiétant, qu’elle perde tout bonnement la tête ; pour preuve, depuis quelque temps, la fonte menaçante des glaces du Groenland, (pour grossir, pointer la souris dans l’angle en bas à droite de l’image 2003).

Des études montrent qu’elle s’accélère ; ces études font régulièrement la une des médias :

- le 17/02/2006, les glaciers du Groenland livrent de plus en plus de glace à l’océan.
- le 21/09/2006, Groenland : la fonte s’accélère ! Les glaces de l’Arctique fondent et les études qui le montrent s’accumulent. La dernière analyse publiée aujourd’hui par la revue Nature confirme que la masse de la calotte glaciaire du Groenland diminue. On y voit surtout une accélération récente du phénomène : entre avril 2004 et avril 2006, la calotte s’amenuisait deux fois et demie plus vite qu’au cours des deux années précédentes :

Bon, me direz-vous, les glaces du Groenland, à moins d’être dans les parages, nous, ici, nous ne les voyons pas fondre, alors quel est le signe visible qui indique que la planète se réchauffe ?

L’observation attentive de la nature est l’un des moyens simples à la portée de tout le monde.

Pour certaines plantes... c’est le printemps !

Figuier
Figuier

Personnellement je pense que l’aspect le plus visible actuellement du réchauffement climatique sur la nature dans le Sud-Est est l’avance ou la prolongation de la feuillaison annuelle de certains végétaux.

Je travaille sur ce sujet depuis quelques semaines, donc pas mal de mes photos sont datées du 22/11/2006.

Il a plu en octobre et en novembre, avec cette douceur, la nature peut se croire au printemps ; ainsi le 22/11/2006, en me promenant au bord de la mer (à Saint-Aygulf), à mon grand étonnement, j’ai aperçu un figuier qui bourgeonnait, quelques petites feuilles étaient formées, 2 - 3 - (pour info la feuillaison normale du figuier a lieu au printemps ).

Mûrier platane
Mûrier Platane

Hibiscus
Hibiscus

Dans mon jardin, ici un hibiscus, syriacus ou althéa, a commencé une nouvelle feuillaison, à une vingtaine de kilomètres dans le massif des Maures, au Plan de la Tour, c’est ce mûrier platane qui, lui, a encore toutes ses feuilles d’un vert clair.


Fortitia
Fortitia

Mimosa
Mimosa

Quelques kilomètres plus loin, dans la forêt des Petites Maures, ce sont par endroits les fleurs des mimosas qui sont en avance d’un bon mois, voire deux !

En Lorraine, chez Onéma près de Metz, le fortitia dont la flamboyante floraison annonce habituellement la fin de l’hiver, porte déjà quelques fleurs.


... et pour d’autres, c’est l’été qui est encore là !

Certaines plantes à floraison estivale qui normalement ne devraient plus être fleuries en ce moment le sont encore !

Quelques exemple de fleurs estivales qui sont encore fleuries en ce moment (photos prises par mes soins entre le 21/11/06 et le 23/11/06 sur la Côte d’Azur, département du Var, commune de Saint-Aygulf) : Les roses, agapanthe , belles de nuit, ciste à feuille de sauge (floraison d’avril à juin).

Rosiers
Rosiers
Agapanthe
Agapanthe
Belles de nuit
Belles de nuit
Ciste à feuille de sauge
Ciste à feuille de sauge

Laurier rose Là c’est un laurier rose (floraison mai/septembre).

Vous remarquerez les fleurs en bourgeons, gaillardes (floraison estivale), bougainvillier, (lui, c’est plutôt normal, car bien exposé et abrité, sa floraison s’étale de l’été à l’hiver), plumbago du Cap, strelitzia [1] (fleuri normalement de mai à juin/juillet), ficoïde.

Gaillardes
Gaillardes
Plumbago
Plumbago
Bougainvillier
Bougainvillier
Strelitzias
Strelitzias
Ficoïde
Ficoïde

Menthe
Menthe

Chèvrefeuille
Chèvrefeuille

Et là un chèvrefeuille en fleurs qui a refleuri, la photo a été prise le 28/11 à 19 heures au Plan de la Tour (Var) ; pour info, la floraison maximale des chèvrefeuilles est septembre !


Dans les Petites Maures, des pieds de menthe sauvage sont toujours en fleurs, fleurissent également la myrte (floraison juin/août ), et le pistachier lantisque (floraison mars/juin), et en bordure des étangs de Villepey, on trouve encore des pissenlits.

Pistachier
Pistachier
Pissenlits
Pissenlits

Les étangs

Depuis quelques années, la date des vendanges est constamment avancée, en cinquante ans : trois semaines à Châteauneuf-du-Pape, et deux semaines en Bourgogne.

Je pense qu’avec ce temps encore très ensoleillé, les processus de la photosynthèse et de la chlorophylle fonctionnent toujours bien, et cela permet aux feuilles (caduques) des végétaux de prolonger encore quelque temps leur vie.

Mais attention, toute cette douceur automnale ne garantit pas un hiver clément !

Les insectes aussi nous montre les perturbations climatiques

Le réchauffement va permettre la migration des variétés de moustiques endémiques aux régions du Sud, qui s’installeront dans des régions situées plus au Nord.

Menthe
Processionnaire

En octobre, les chenilles processionnaires du pin construisent un nid volumineux, où elles passent l’hiver. C’est aux premiers beaux jours (selon les régions de fin mars à mi-mai) que ces futurs papillons nocturnes quittent leur arbre nourrissier pour une dernière procession. Les chenilles vont alors s’enterrer pour devenir des nymphes qui ne se métamorphoseront qu’en été. Nous sommes en janvier et la procession de chenilles biens nourries (elles mesurent plus de 5 cm) a déjà commencé. A coup sûr, elles gèleront en terre avant le printemps. La nature va réguler sans pesticides les populations de ce ravageur.


En août dernier, nous vous parlions des criquets qui s’abattaient en essaims entiers sur les cultures déjà ravagées par la sécheresse. Ces essaims de criquets sont très rares en France et sont attirés par la chaleur, comme la canicule de l’été dernier.

D’autres insectes qui doivent normalement hiberner à cet époque de l’année, sont encore visibles dans nos campagnes.

Menthe
Abeille

Dans nos ruches, en automne, naissent des abeilles dites d’hiver, physiologiquement différentes et vivant plus longtemps (6 à 8 mois contre 5 à 6 semaines pour les butineuses). Ces abeilles hivernent et sortent peu. Lors des journées favorables, où la température dépasse les 11 degrés, elles réalisent un vol de propreté (défécation). Pendant l’hiver, la colonie vit sur ses réserves accumulées pendant la bonne saison. Après le solstice d’hiver, la ponte de la reine reprend. Quelques unes se risquent alors à aller chercher un peu de pollen sur les premières fleurs lorsque la température s’approche des 10 degrés.

Mais cette année on a pu observer des butineuses pendant les fêtes du nouvel an !

Pour conclure

Cet article est appelé à s’enrichir avec vos contributions. Envoyez vos photos et observations avec date et lieu à redaction (at) demain-la-terre.net. Nous nous ferons un plaisir de les publier dans cet article.

Sources :
- Jardin, l’encyclopédie
- Agoravox

[1] arbuste originaire d’Afrique du Sud joliement baptisé oiseau de paradis. Il est très apprécié dans les jardins tropicaux ou sub-tropicaux. Il peut se cultiver en extérieur dans le Sud de la France. Pour en savoir plus.


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