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Quel est le plus grand problème de la planète ?

La reproduction sexuée, la sélection naturelle ou le cerveau humain ?
Onéma, le mercredi 16 novembre 2005
 

Depuis que la reproduction sexuée est apparue, la nature a vu se multiplier les formes de vies. En effet, ce coup de génie de l’évolution permet, par le mélange des gènes de 2 individus différents, une infinité de possibilités pour le rejeton, ce qui nous rend tous différents et uniques (à l’exception des jumeaux homozygotes : les vrais, quoi). C’est donc le sexe qui a permit cette diversité des êtres vivant passés, actuels et normalement à venir. Car, de temps en temps, il y a une faute de frappe, un nucléotide en remplace un autre lors de la copie du génome, et une nouvelle espèce peut apparaître. Cette variabilité des individus au sein de la même espèce et cette possibilité de mutation multiplient les possibilités d’adaptation aux modifications de l’environnement (à condition qu’elles soient suffisamment lentes, c’est-à-dire à l’échelle de plusieurs générations).

Mais un individu lambda, quelle que soit l’espèce à laquelle il appartient (il y a toujours des exceptions pour confirmer la règle) n’a qu’une finalité : transmettre ses gènes. La preuve, dans certaines espèces (les saumons, les éphémères, les mantes religieuses mâles, etc) les individus meurent après avoir transmis la vie.

Si la reproduction sexuée augmente la probabilité d’apparition de nouvelles forme de vie, la sélection naturelle favorise les individus les mieux adaptés à leur environnement.

La nature favorise les meilleurs gènes : les individus qui ont le plus de descendance : ceux qui ont le plus de petits et/ou qui assurent la meilleure survie à ces petits.

Souvent, cela donne de drôles de résultats :

Le cerveau, est assurément un atout formidable pour assurer la survie de l’individu et celle de sa descendance.

Dans la grande galerie de l’évolution, la complexification du cerveau a permis des sens de plus en plus performants, l’apprentissage et, à l’actuel sommet de l’évolution, la compréhension de l’environnement. Avec l’apparition de « sapiens », ce n’est plus l’espèce qui évolue pour s’adapter à son environnement mais les individus qui modifient leur environnement !

Et aujourd’hui tout s’emballe. Nous avons tellement modifié les écosystèmes, que tous les jours un nombre incroyable d’autres espèces « colocataires » de cette petite planète disparaît sans avoir pu s’adapter. Pire, avec le réchauffement climatique, le trou dans la couche d’ozone, la pollution atmosphérique, des sols et de l’eau, la fin du pétrole, etc., c’est notre propre espèce qui est en danger. Plus aucun scientifique n’en doute, la plupart des chefs d’Etats le savent et une part de plus en plus grande de la population en est convaincue : « pensez globalement, agissez localement ! ».

Notre « sagesse » (sapiens) qui nous permet de modifier l’environnement parce que nous le comprenons, ne semble pas nous permettre d’assurer la survie de notre planète. Nous voyons le problème, nous sommes capables de proposer des solutions, mais nous sommes incapables de les appliquer. Le protocole de Kyoto est insuffisant à lui seul pour solutionner le problème de l’effet de serre, le principal pays pollueur refuse de le ratifier et les pays industriels signataires ne respecteront pas leurs engagements. Il existe des solutions techniques pour sortir du pétrole et probablement du nucléaire. Quels gouvernements les mettent en œuvre ?
Et vous, cher lecteur, comment votre maison est-elle isolée ? Combien d’ampoules LED possédez-vous ? Achetez-vous des produits bio ? Et d’un autre côté, combien de fois par an partez-vous en vacances ? Prenez-vous l’avion ? Combien de fois par jour mangez-vous de la viande ? Quelle est votre empreinte écologique ? Personnellement, avec une empreinte de 2,6 je suis légèrement en-dessous de celle de l’européen moyen.

Je mange trop ! Mais si les 6,5 milliards de terriens avaient mon niveau de vie, 3 planètes n’y suffiraient pas !

Je vais essayer de manger un peu moins de viande, un peu plus bio, et au fûr et à mesure qu’elles grilleront, je remplacerai les vieilles ampoules qu’il me reste par des ampoules économisant l’énergie. C’est bien peu !

Ai-je les moyens de mieux isoler ma maison ? Peut-être, si je renonçais définitivement à partir en vacances. Mais mes enfants doivent voir leurs grands-parents et du pays, non ? Il n’y a pas de raison qu’ils soient les seuls dans leur école à ne jamais aller à la montagne ou à la mer ! Puis-je abandonner notre voiture ? Pas dans ce pays, je ne peux quand même pas faire mes courses en vélo !

Le confort de mon foyer passe avant celui de mes voisins ou des autres Européens, ou du reste du monde et bien sûr de la planète.

Car il y a pire que moi, hein ? Qu’est ce qu’ils font aux « States » ? En plus, pourquoi font-ils autant d’enfants dans le tiers-monde ? Ce n’est pas de ma faute quand même s’ils n’ont pas assez à manger et pas de quoi se soigner !

Finalement en favorisant mon pays, mon village, ma famille ou mes enfants, est ce que je n’obéis pas à la loi de la sélection naturelle, qui fait que les plus forts ont une descendance plus importante ? Et je fais partie des plus forts, non parce que j’ai les meilleurs gènes mais du fait de ma naissance dans un pays riche.

La fuite en avant vers toujours plus de croissance, en consommant toujours plus de ressources naturelles (matières premières, énergie) et en polluant toujours plus pour un profit immédiat, est un crime contre les individus empoisonnés par la pollution, contre l’humanité mise en danger par les catastrophes naturelles et contre la vie représentée par l’ensemble des espèces de notre planète.

La logique économique détourne la loi du plus fort. La technologie supprime la sélection naturelle.

Ainsi, malgré un cerveau qui permet à l’homme de comprendre son environnement et en théorie d’améliorer son espérance de vie, l’instinct animal qui nous pousse à privilégier notre famille ou notre clan est toujours bien là et cela met en danger la survie de l’espèce humaine et de la planète.

Alors quel est le plus grand malheur pour la planète : la sélection naturelle ou l’économie de marché ? La reproduction sexuée ou le cerveau humain ?


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