Les prix du pétrole s’envolent, chaque semaine, ils battent de nouveaux records, et valent déjà environ deux fois le prix "souhaitable" défini par l’OPEP de 25 $ le baril. Et tous les (ir)responsables d’appeler à un "retour à la normale".
Ainsi, donc, il serait normal de disposer d’un pétrole à bas prix ? Et pourquoi donc ? Eh bien justement parce que nos sociétés en ont besoin, CQFD ! A moi, cela me semble un raisonnement un peu aberrant, mais alors à eux, ces hérauts du Marché où les prix d’un produit sont déterminés uniquement en fonction de l’offre et la demande, ce genre d’appel devrait leur arracher la gorge, non ? (Ou alors serait-ce qu’ils ne croient pas vraiment à ce qu’ils disent, mais plutôt aux dividendes de leurs actionnaires, aux résultats de leur parti aux prochaines élections, à leur propre Plan-Epargne-Retraite ?)
Et bien non, le problème ce n’est PAS que le pétrole soit cher, ça c’est normal ! Le coût de la société pétrolière est en effet extrêmement élevé :
En revanche, il n’est pas normal de continuer à piller les matières premières des pauvres de la planète sans leur en payer le juste prix, uniquement pour assurer notre confort et les profits des grandes compagnies pétrolières !
Il n’est pas normal que la seule réaction des hommes politiques à la hausse soit de promettre une baisse des taxes ! (Au passage, saviez-vous que l’ensemble du kérosène brûlé par les avions échappe à toute taxe, impôt ou redevance que ce soit ?) Non il n’est pas normal qu’aucun d’eux n’évoque même l’idée qu’au contraire il serait peut-être temps de penser à réduire la facture... en diminuant notre consommation.
Et enfin, il n’est pas normal que nos sociétés dépendent totalement d’une ressource limitée dont la fin, pourtant inéluctable, n’est même pas envisagée.
Car finalement, le problème va peut-être bien se résoudre de lui-même... Vous avez déjà entendu parler du pic d’Hubert [1] ? Nous y sommes peut-être bien déjà ! Les spécialistes (enfin, les rares qui ont le courage de briser le tabou) estiment souvent qu’en l’absence d’estimations fiables des réserves pétrolières, le passage du pic se notera dans un premier temps par la hausse durable des prix du pétrole... tiens tiens ?
Bien sûr, quelques mois de hausse, c’est bien peu pour déjà parler de hausse durable, mais, en attendant, si vous vous chauffez au fioul et habitez à la campagne, pensez à faire du bois, conseil d’ami, ça pourrait servir cet hiver... On n’est jamais à l’abri d’un petit krach pétrolier.
Mais tout ça, c’est une autre histoire... la déplétion pétrolière et ses conséquences est un vaste sujet et fera bien sûr l’objet d’un dossier et d’un grand débat sur Demain la terre.
[1] Voyez : Le loup derrière la porte _ introduction à la déplétion du pétrole et Le site de l’ASPO, une référence, en Anglais seulement, hélas